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Publié par JD

Tchad - Afrique. Reportage sidérant sur le dictateur tchadien Hissène Habré. Vidéo 30 minute.

Tchad - Afrique. Reportage sidérant sur le dictateur tchadien Hissène Habré. Vidéo 30 minute.

Hissène Habré Un procès d'un allier embrassant :

Le 30 mai dernier, à Dakar, Hissène Habré, président du Tchad de 1982 à 1990, a été condamné à la prison à vie pour crimes contre l’humanité, crimes de guerre, torture et viols. Un documentaire revient sur la genèse de son régime sanguinaire et les soutiens bienveillants dont il a bénéficié malgré les exactions.

« C’est avec une immense émotion que je me lève à cet instant au nom des 4445 victimes que nous représentons (1). Je veux être la porte-voix des sans-voix, des disparus, des morts, des suppliciés, de tous ceux qui, à cause des crimes d’Hissène Habré, ne pourront jamais venir témoigner devant vous. » Quand elle prend la parole, en juillet 2015, à l’ouverture du procès à Dakar de l’ancien dictateur tchadien, Jacqueline Moudeina, l’avocate des parties civiles donne la mesure de ce qu’il a fallu de ténacité, de courage aux victimes pour voir enfin appréhendé puis jugé, vingt-cinq ans après la chute de son régime, le fidèle allié de la France et des Etats-Unis. Et alors qu’elles défileront à la barre, le bourreau autocrate, revêtu d’un ample boubou blanc et d’un chèche qui ne laisse apparaître que ses yeux fermés ou masqués derrière d’épaisses lunettes noires, n’opposera, durant les huit mois d’audience, que déni, mépris et silence.

Prendre 30 minutes de votre temps pour voir....

Il faut dire que depuis sa fuite du Tchad en 1990 – lorsqu’il est renversé par les troupes d’Idriss Déby –, Hissène Habré vit tranquillement dans la capitale sénégalaise. Persuadé, jusqu’à son arrestation en 2013, de n’être jamais inquiété. C’est compter sans l’obstination des victimes tchadiennes, épaulées par Reed Brody, porte-parole de Human Rights Watch. Juriste, il a amassé témoignages et documents internes de la police politique d’Habré (la DDS), contribué à exhumer les charniers. Bataillé sans relâche pour que le procès se tienne.

Enjeux géopolitiques

C’est à la naissance du dictateur Hissène Habré, condamné le 30 mai dernier à perpétuité, pour crimes contre l’humanité, crimes de guerre, torture et viols que s’attache cette précieuse – quoique trop courte – enquête. Réinscrivant son émergence sur l’échiquier diplomatique et politique mondial, mettant en lumière les enjeux géopolitiques qui se cristallisent alors au Tchad, éclairant les mobiles de la bienveillance dont jouit Habré malgré ses exactions. Sans doute amplifié par le montage, la différence de ton entre officiels américains et français, quand ils évoquent le rôle de leur pays respectif dans le soutien au régime, est sidérante. Les Etats-Uniens parlent cash : « Bien sûr, nous savions que les droits de l’homme étaient violés au Tchad. Mais l’important, c’était la Libye (NDLR : réduire Khadafi). Nous avons aidé des gens peu fréquentables quand ça nous arrangeait. Nous ne regrettons rien, c’est la realpolitik. » Roland Dumas, lui, se contente d’un : « La politique internationale, c’est souvent un peu de cynisme. » Le reflet d’une amnésie française qui semble toucher responsables des services de renseignement, qui ont pourtant œuvré de concert avec la DDS, et personnel politique. Sorti en juin dernier, un rapport de Human Rights Watch, qui pointe l’importance des moyens déployés à l’époque par l’Etat français, son soutien inconditionnel à un pouvoir répressif, devrait leur permettre de retrouver la mémoire.

(1) Une commission d’enquête tchadienne a estimé qu’entre 1982 et 1990, quelque 40 000 personnes ont été tuées par le régime Habré..

Source : Télérama.

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