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Publié par JD

Apple prêt à cacher son argent aux US ? Seulement en échange d'un cadeau fiscal.

Apple prêt à cacher son argent aux US ? Seulement en échange d'un cadeau fiscal.

Tim Cook joue plus que jamais les Etats-unis contre l'Europe et déclare envisager de rapatrier sa fortune au bercail. Apple n'est pas prêt cependant à payer 35 à 40% d'impôts aux US et pose toujours une condition : une réforme. La précédente réforme avait profité aux seuls actionnaires.

Tim Cook ne digère pas la sanction infligée par la Commission européenne, à savoir le remboursement de 13 milliards d'euros d'aides illégales. Le lendemain de la décision, le PDG de la firme a dénoncé une cabale politique et la convoitise de l'Europe.

Pire, ce sont les Etats-Unis qui pourraient être visés et privés d'un argent qui leur reviendrait de droit - même si jusqu'à présent le géant a refusé de le rapatrier afin d'échapper à l'impôt. Mais cela pourrait désormais changer. C'est du moins ce que laisse entendre Tim Cook à la RTE, la radio publique irlandaise.

Apple prêt à cacher son argent aux US ? Seulement en échange d'un cadeau fiscal.

Payer 40% d'impôts aux US ? En fait non, toujours pas.

"Nous avons payé 400 millions de dollars à l'Irlande, 400 millions aux Etats-Unis, et nous avons mis de côté plusieurs milliards pour le paiement des impôts aux Etats-Unis quand nous rapatrierons nos profits. Je prévois que ce rapatriement aura lieu au cours de l'année prochaine" avance-t-il comme le rapporte L'Express.

Quel revirement ! Interrogé à plusieurs reprises par le passé, le patron d'Apple s'est toujours montré très clair : hors de question d'envisager ce scénario sans une réforme de la fiscalité aux US. En clair, une modification du taux d'imposition.

Encore très récemment, le 13 août lors d'une interview au Washington Post, Cook réaffirmait cette position. "Nous avons dit qu'à 40%, nous ne le rapatrierons pas jusqu'à ce qu'il y ait un taux juste". Mais le dirigeant se disait confiant dans la volonté des politiques d'adopter une réforme fiscale en 2017.

Ses déboires en Irlande conduiront-ils Apple à transférer son trésor de guerre de plus de 200 milliards de dollars aux US, réforme ou non ? Les déclarations à la RTE pouvaient le laisser penser. Mais comme le rapportent Les Echos, il n'en est rien en vérité.

Un porte-parole de la firme a aussitôt après l'interview tempéré les propos du PDG. Ainsi, il fallait comprendre les déclarations de Tim Cook comme une nouvelle exhortation à faire évoluer la réglementation aux US.

Amnistie fiscale : les actionnaires en raffolent

Le dirigeant de la multinationale invoquait un sentiment anti-américain en Europe dont Apple ferait les frais. On pourrait lui reprocher de faire preuve d'opportunisme et même de cynisme en essayant de tirer profit de la situation en obtenant du législateur américain qu'il vote une loi d'amnistie fiscale de circonstance.

Le candidat républicain à la présidentielle aux US, Donald Trump, a déjà proposé de réduire pour ces fonds le taux d'imposition à 10%. Le dernier cadeau fiscal de ce type était entré en vigueur fin 2004 et pour un an au taux de 5,25% par George Bush. Plus de 300 milliards de dollars étaient ainsi rapatriés par les entreprises américaines.

Apple et d'autres grandes entreprises, dont Google et Microsoft, se réunissaient en 2012 au sein du groupement "Win America". En échange d'une réforme fiscale, elles promettaient de rapatrier 1000 milliards. En échange ? Des emplois et de l'argent pour financer les infrastructures du pays.

Faut-il croire ces promesses ? Il est permis d'en douter. Après le cadeau de l'administration Bush, selon le New York Times, les entreprises ont rapatrié 312 milliards de dollars. 92% de ce pactole étaient finalement redistribués aux actionnaires sous forme de dividendes et de rachats d'actions. En serait-il autrement en 2017 ?

Source :ZDnet

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