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Publié par JD

Par Pierre Col pour ZDNet.

Il y a quelques jours, alors que je descendais une rue de la petite ville d'Orsay pour me rendre de la gare du RER à mon lieu de travail, j'ai eu la surprise de tomber sur ceci :

Il s'agit d'une armoire de raccordement à la fibre optique, également appelée PMZ - Point de Mutualisation de Zone - dans le jargon des opérateurs, et elle était ouverte à tous les vents, au lieu d'être correctement fermée à clé. Un individu malintentionné aurait pu, en une minute, arracher tout ce qui était accessible, et cet acte de vandalisme aurait privé d'accès Internet de nombreux foyers et entreprises durant de bien longues heures.

J'ai refermé la porte, bien entendu sans pouvoir la verrouiller, et me suis trouvé fort démuni : comment signaler cette anomalie à Orange pour qu'un technicien vienne rapidement sécuriser ce PMZ ? Il y a bien une étiquette qui l'identifie, alors pourquoi ne pas apposer aussi un autocollant   "En cas d'anomalie merci de nous avertir en appelant le 0 800 PQ MC DU" ?

 

Ayant cherché la solution, je vous signale qu'à défaut de numéro de téléphone il existe au moins un site web permettant de faire un signalement à Orange : dommages-reseaux.orange.fr

Il ne faut pas hésiter à utiliser ce dispositif  d'alerte, car il arrive régulièrement que des PMZ soient grands ouverts. Exemple ici à Besançon, où une armoire signalée ouverte en novembre 2017 par un conseiller municipal, Laurent Croizier, est pourtant restée non sécurisée durant 2 mois !

Ces incidents nous rappellent qu'aujourd'hui encore, selon une formule dont je ne me lasse pas ;-) "Internet est globalement robuste et localement vulnérable".

C'est notamment le cas des PMZ, situés dans l'espace public, souvent sur des trottoirs ou le long de murs : ils peuvent être défoncés par des camions qui manœuvrent imprudemment ou même incendiés, comme le montrent cette photo partagée hier par LaFibre.Info sur son compte Twitter.

Autre exemple avec cette image navrante diffusée le 23 janvier par Orange Bourgogne Franche-Comté via son compte Twitter après un incendie volontaire à Besançon.

En 2007, il y a donc plus de 10 ans, Free et d'autres opérateurs avaient alerté l'ARCEP sur les risques inhérents à la vulnérabilité de ces points de mutualisation disposés dans l'espace public. Vous pouvez retrouver sur le site de l'ARCEP les contributions de ces acteurs (fichier ZIP) à une consultation du régulateur.

En définitive, c'est l'approche des "PMZ sur le trottoir" qui a été privilégiée par le régulateur, qui assume pleinement ce choix... mais peut-être faudrait-il maintenant, face à la réalité du terrain, que les opérateurs, et leurs sous-traitants qui interviennent pour le câblage des fibres optiques, prennent la mesure du problème et imaginent un plan de sécurisation de ces infrastructures, et les procédures rigoureuses qui devraient accompagner un tel plan ?

 

Bien entendu, les fibres optiques elles-mêmes peuvent subir des agressions variées, causées accidentellement par une ancre de bateau, une pelleteuse, un pêcheur, un viticulteur, un écureuil, une grand-mère, ou par des événements climatiques tels qu'une tempête ou encore un incendie. Mais ces fibres, qu'elles soient déposées au fond des océans, enterrées le long de nos routes et rues, ou même déployées en mode aérien avec des poteaux, semblent moins exposées que les centaines de PMZ qui se trouvent dans nos rues...

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