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Publié par JD

Courrier international. Paris. 04-01-2019.

La journaliste saoudienne Reem Soulaiman, récemment réfugiée aux Pays-Bas, raconte son passage dans une prison saoudienne. Et rappelle le sort des militantes féministes emprisonnées depuis mai 2018 et à propos desquelles les indices de tortures graves se multiplient.

“Je voudrais rapporter la répression et les mauvais traitements que j’ai subis avant de réussir à me réfugier aux Pays-Bas.” C’est ainsi que la journaliste saoudienne Reem Soulaiman, anciennement journaliste pour plusieurs journaux et sites saoudiens, inaugure une longe suite de messages sur son compte Twitter.

Elle explique qu’elle avait dans un premier temps reçu un coup de téléphone lui enjoignant de cesser d’écrire. Ensuite, sa maison a été “prise d’assaut par des hommes armés jusqu’aux dents” qui venaient arrêter la journaliste. Toujours selon son témoignage sur Twitter, elle a ensuite été conduite dans un endroit non identifié, où elle a été interrogée pendant deux jours, avec insultes et “des abus et menaces de torture”.

Elle raconte que durant ces deux jours elle avait en tête “toutes les militantes féministes qui ont subi des violences sexuelles, ont été flagellées, ont subi des chocs électriques et ont été contraintes d’avouer des actes qu’elles n’avaient pas commis”.

Elle fait référence notamment à dix femmes emprisonnées depuis mai 2018 et qui sont accusées de “contact avec des instances étrangères”. L’organisation de défense des droits humains Al-Qst, dirigé par des Saoudiens en exil, rapporte de nouveaux éléments sur les tortures qu’elles subissent en prison.

Samar Al-Badawi, Eman Al-Nafjan, Loujain Al-Hathloul, Shadan Al-Enezi, Aziza Al-Youssef seraient en détention à l’isolement, auraient été, pour au moins l’une d’entre elles, prise en photo nue, auraient été frappées à la plante des pieds et soumises à des électrisations, et, en raison de ces mauvais traitements, certaines seraient incapables de se tenir sur leurs pieds.

Pour d’autres, Amal Al-Harbi, Nassima Al-Sadah, Nouf Abdulaziz, Mayaa Al-Zahrani et Abeer Namankani, l’organisation dit ne pas pouvoir affirmer si elles ont été torturées.

Une autre organisation saoudienne, Prisonners of Conscience, rappelle pour sa part que des centaines de personnes sont en prison depuis une autre grande vague de répression, en 2017, dont notamment le très populaire intellectuel musulman Salman Al-Aouda. La plupart sans avoir été informées du motif de leur arrestation, sans procès et souvent sans pouvoir donner des nouvelles à leurs proches.

 

 

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