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Publié par JD

Notre planète. 11-01-2019.

Vidéo 2Mn 30 en fin de page pour comprendre simplement..

Un bonbon ou un sort ? Il semblerait que la question ne se pose plus pour les petits monstres d'Halloween - célèbre fête folklorique et païenne traditionnelle originaire des Iles Anglos-Celtes - venant réclamer des friandises en frappant aux portes voisines. Une récente enquête menée par l'association Agir pour l'Environnement démontre que le mauvais sort est en fait inclus dans certaines confiseries, qui contiennent des nanoparticules dont les effets sur la santé ne seraient pas anodins...

Une centaine de sortes de bonbons au banc des accusés.

On le sait, les bonbons n'ont jamais été très sains pour l'organisme (trop de sucre, gélatine de porc, trop d'additifs alimentaires douteux...). Mais lorsqu'ils contiennent des nanoparticules, c'est encore pire.

D'après l'enquête réalisée par l'association Agir pour l'Environnement, une grande quantité de confiseries destinées aux enfants contiendrait des additifs alimentaires susceptibles de contenir des nanoparticules, majoritairement le dioxyde de titane (colorant alimentaire E171), mais aussi des Hydroxydes de fer (E172) et du dioxyde de silicium (E551).

Plus de 300 produits ont ainsi été identifiés par l'association dans une quinzaine d'enseignes de supermarchés. Au banc des produits alimentaires suspectés de contenir des nanoparticules :

bonbons : Hema, Little Extra, Netto, Elodie, Fizzy...

  • chewing-gum : Airwaves, Hollywood, Freedent, Malabar, Dietaroma...
  • confiseries : M&M's[1], Skittles...
  • gâteaux : LU, biscuits Delacre "Tea Time"...
  • chocolats : Milka...
  • café : dosettes Cappuccino, Tassimo...
  • décorations gâteaux : Vahiné...
  • assaisonnements : Ducros, Cigalou, Bouton d'Or, sauce Bénédicta...
  • Plats préparés...

Agir pour l'Environnement propose une liste des produits alimentaires qui contiennent ou pourraient contenir des nanoparticules. A découvrir rapidement pour cibler ses achats !

Les risques liés à l'utilisation des nanoparticules.

Les nanoparticules, également appelées particules ultrafines, sont des molécules de taille nanométrique, c'est-à-dire entre 1 et 100 nanomètres, approximativement 1/50 000 de l'épaisseur d'un cheveu humain ! Selon l'INRS," le passage de la matière à des dimensions nanométriques fait apparaître des propriétés inattendues et souvent totalement différentes de celles des mêmes matériaux à l'échelle micro ou macroscopique, notamment en terme de résistance mécanique, de réactivité chimique, de conductivité électrique et de fluorescence."

C'est pourquoi, les nanoparticules, fabriquées depuis environ 25 ans, ont envahi notre quotidien. On les retrouve dans des domaines aussi divers que l'électronique, l'énergie, le textile, la construction, les cosmétiques, les produits pharmaceutiques et même l'alimentation !

Si les nanoparticules possèdent des propriétés physiques et chimiques remarquables, elles peuvent faire courir des risques pour la santé des professionnels qui y sont exposés mais aussi de ceux qui les ingèrent ou les respirent. En effet, plus fines que les cellules du corps humain, elles pénètrent sans difficulté dans le cerveau, les reins, les intestins, s'y logent et peuvent s'y accumuler. De plus, l'impact des nanoparticules sur l'environnement est également loin d'être neutre, car leur petite taille empêche la filtration dans l'eau ou dans  l'air, où elles se répandent librement.

Malheureusement, on ne mesure pas encore ni la nature ni l'ampleur de ces risques, car l'usage des nanomatériaux ne date que des années 1990, comme le rappelle Novethic : "L'évaluation des risques liés aux nanotechnologies a du retard. Et si les experts sont unanimes sur la nécessité d'augmenter les recherches, l'ampleur de la tâche est titanesque. Des centaines de nanomatériaux différents sont déjà sur le marché français."

Dans le domaine alimentaire, la législation sur l'usage des nanoparticules reste insuffisante.

En France, depuis la loi Grenelle 2 de 2013, les fabricants, ainsi que les importateurs et les distributeurs doivent déclarer tous les ans les quantités et les usages des nanoparticules qu'ils utilisent auprès de l'ANSES (Agence Nationale de Sécurité Sanitaire).

Pourtant, l'association Agir pour l'Environnement dénonce encore de nombreuses infractions à la réglementation sur l'étiquetage : malgré le règlement européen INCO 1169/2011, de nombreux fabricants occultent encore la mention "nano" dans la liste des ingrédients qu'ils utilisent.

En France, un arrêté du 5 mai 2017 impose aux industriels de l’agroalimentaire d’informer le consommateur sur la présence de substances sous forme nano particulaires. Malheureusement, cet étiquetage (via la mention "[nano]") ne sera obligatoire que lorsque la teneur en nanoparticule est supérieure à 10 %, conformément aux recommandations des autorités sanitaires européennes.

 

Les enfants : les premiers intoxiqués par les nanoparticules

Des études scientifiques ont montré que les enfants seraient en première ligne : ils ingéreraient deux à quatre fois plus de titane que les adultes du fait de leur consommation de sucreries. En plus d'être particulièrement exposés, les enfants seraient également plus sensibles que les adultes aux effets du dioxyde de titane à cause de leurs poids plus faible.

C'est pourquoi, l'Autorité européenne pour la sécurité alimentaire (EFSA) et l'Agence Française de Sécurité Sanitaire, de l'Environnement et du Travail (AFSSET) conseillent d'éviter les produits - cosmétiques ou alimentaires - contenant du dioxyde de titane chez les enfants en bas âge.

Le dioxyde de titane ne sera finalement pas interdit

Suite aux alertes de la société civile, fin août 2017, le gouvernement français a rappelé aux industriels leurs obligations de transparence et d'étiquetage sur la présence de nanomatériaux manufacturés dans les produits de consommation.

De plus, le gouvernement français a demandé en février 2018 à la Commission européenne de suspendre l’utilisation du dioxyde de titane et de réévaluer ses impacts. L'agence européenne pour la sécurité alimentaire (EFSA) avait alors été saisie, mais son avis rendu fin juin 2018 sur la base de 4 études scientifiques, a conclu à de grandes incertitudes qui ne méritent pas un nouvel avis sur la question...

L'article 53 de la loi agriculture et alimentation débattue et votée le 28 mai 2018 avait confirmé la suspension de l'additif de dioxyde de titane E171 ainsi que les denrées alimentaires en contenant.
Que nenni ! Le 10 janvier 2019, le Ministre de l'Économie et des Finances Bruno Lemaire a exclu de signer l'arrêté permettant la suspension immédiate du E171. Il a justifié sa décision par « des évaluations différentes » de la dangerosité du colorant.
Pour Me Emile Meunier, avocat spécialisé en droit de l'environnement : "La loi française impose au ministre de suspendre l'utilisation du dioxyde de titane (ou E171), et le droit européen l'y autorisait. Le ministre a donc pris une décision politique qui n'était en rien dictée par des considérations juridiques".

Pour l'association Agir pour l'Environnement, "ce refus de signer l’arrêté d’interdiction du dioxyde de titane revient tout à la fois à ne pas respecter le vote des parlementaires et rejeter le principe de précaution, pourtant inscrit en préambule de la Consultation française."

Nouveau rebondissement au 11 janvier : Bruno Le Maire revient sur ses propos et s’engage à bel et bien signer l’arrêté tant attendu pour rendre effective la suspension du dioxyde de titane mi-avril. Le ministre a reconnu l’importance de mettre en œuvre le principe de précaution pour protéger la santé des concitoyens et concitoyennes. Les associations présentes – dont Agir pour l’Environnement, foodwatch, Générations Futures – se félicitent de cette clarification de la part du Ministre, même si elles regrettent que cette suspension prenne trois mois supplémentaires. Elles rappellent que chaque jour supplémentaire expose les consommateurs à un potentiel risque cancérogène.

Enfin, aux Etats Unis comme dans l'Union Européenne, le dioxyde de titane est exclu de la filière d'alimentation biologique, vous pouvez donc proposer à vos enfants des bonbons bio qui constituent un substitut intéressant pour les gourmands irréd.

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